| Les
femmes, pourtant co-fondatrices de l’Humanité, ont été les
plus mortelles des êtres tant elles ont laissé peu de traces
dans l’Histoire. Perçues sans âme et sans intelligence
pendant des millénaires. Leur existence oscille toujours
entre oppression et libération.
Les
fondements de nos sociétés se sont inscrits dans le corps
des femmes : corps fantasmé, contraint, violé, humilié,
sensuel, fort et fragile. Ce corps ballotté donne vie à un
théâtre de la mémoire ou se joue l’histoire des femmes, de
la noirceur à la lumière.
L’histoire des femmes est l’histoire de leur silence, un
long film muet qui aurait mis quelques milliers d’années à
passer au parlant. Tout leur passé artistique, spirituel et
intellectuel a été effacé par des systèmes politiques et
religieux qui ne leur reconnaissaient aucune compétence dans
les domaines des arts et du savoir. La femme n’était que
nature débordante qu’il fallait endiguer comme une mer
déchaîner, de peur que la raison et la culture soient
anéanties. Dans l’art, il existe d’innombrables
représentations du corps féminin, mais le déséquilibre et
total : d’un côté, un surabondance d’images de femmes
fantasmées, de l’autre, un absence très éloquente de femmes
dans la création de leurs propres images.
Les
femmes ne pouvaient avoir ni position sociale, ni pensée, ni
âme. Gardées dans l’ignorance de leur histoire, les femmes
ne savaient rien des idées et de la résistance des femmes
avant elles, miroir où elles auraient pu se reconnaître et
trouver la force de casser beaucoup plus tôt les carcans qui
les étouffaient.
Des
femmes ont été discriminées ou tuées quand elles osaient
parler ou prétendre à la connaissance; un savoir féminin
effacé et oublié; une vision du monde déterminée uniquement
par les valeurs de l’élite patriarcale; et des femmes qui,
encore aujourd’hui, sont exclues des pouvoirs et n’ont pas
totalement accès à l’éducation et aux champs du haut savoir.
La
recherche de la beauté est légitime. Mais pour contrôler le
corps des femmes, cette quête s’est pervertie en contraintes
physiques. On a morcelé et modelé leur corps pour n’être
plus que seins, fesses, jambes et sexe. Au nom de la beauté,
les hommes ont inventé des brillants carcans qui réduisaient la
mobilité des femmes et les empêchaient de respirer, les
affaiblissant physiquement. On les a corsetées, hissées sur
des talons qui leur interdisaient de courir; on a mutilé
leurs pieds; on a allongé leur cou avec des bijoux qu’elles
ne pouvaient plus enlever sans risque de mort. C’est ainsi
que les femmes en sont venues à se percevoir comme des êtres
incapables d’affronter le monde.
La
violence contre les femmes n’est ni rare, ni marginale, ni
le seul fait d’hommes déviants ou malades. Elle est l’une
des conséquences les plus extrêmes de l’inégalité sociale
entre les sexes. Elle est souvent le dernier recours quand
les autres moyens de contrôler la femme ont échoué.
Violenter le corps, c’est porter atteinte à l’intégrité des
femmes, à leur âme, à leur corps et à leur esprit à jamais
blessés.
Bref, l’histoire des femmes est une longue série de
contractions : entre émancipation et répressions, entre
valorisation et dévalorisation, entre exaltation et
condamnation.
Mais, heureusement, depuis quarante ans, les femmes on
acquis un pouvoir notable. Déterminées et courageuses, elles ont gagné chacune des lettres du mot
« liberté » et sont en train de conquérir
pareillement le mot « égalité » et même
le mot « Supériorité » pour les Femmes de ma trempe.
Nous sommes à un tournant vital de l’Histoire où
le mot fraternité doit aussi englober l’autre moitié du
ciel, de même que la révolution des femmes a toujours
englobé la libération de tous les êtres humains.
Les
femmes sortent de l’ombre et prennent la place qui leur
revient dans l’Histoire.
Aujourd’hui, au nom de la Liberté et du respect de soi, les
femmes désirent que leur corps et leur sexualité soient
libres, épanouis et insoumis à l’image des personnes
qu’elles sont devenues. Depuis une soixantaine d’années, les
femmes n’ont cessé de découvrir et d’explorer les aspects
physiques de leur sexualité. Souvent cachée, trop souvent
dénigrée, la sexualité féminine est mise au jour.
Maintenant, c’est à notre tour de se servir des carcans
(corset, cuissarde, talon haut, ceinture de chasteté,
dessous féminin, etc.) que vous nous avez imposés dans le
passé et sur lesquels vous fantasmez de nos jours pour vous
exciter et contrôler VOTRE SEXUALITÉ.
Alors maintenant, ne
me fais plus attendre, J'ai tendance à me fâcher lorsqu'on
ne m'obéit pas!
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